samedi 14 décembre 2013

La photographie et le paysage, intervention d'Olivier Toussaint


Cela devient une presque une habitude, le photographe Olivier Toussaint vient nous présenter les photographes qui explorent le thème du paysage.



Il a débuté son intervention en comparant la première photographie de Niepce et le Googlerams de Fontcuberta....histoire de montrer tout le chemin parcouru entre d'une part le première photographe de l'histoire et la photographie plasticienne d'aujourd'hui qui utilise Google pour interroger le statut de l'image à l'ère du numérique.

Nicéphor Niepce, Point de vue du Gras, 1827



Fontcuberta, Googlerams qui est une composition de milliers d'images glanées sur google, 2005


détail de Googlerams de Fontcuberta.



Il a ensuite opposé deux écoles de photographie : 
l'école américaine (dont Ansel Adams est l'un des représentants qui appartient au mouvement F 64 (le précisionnisme) qui défend l'idée d'un paysage qui transcende l'Homme, beau, sauvage et indomptable. 
L'école européenne montre une nature anthropisée, façonnée par l'Homme avec des paysages maîtrisés et plus sages.  Comme par exemple, les paysages d'Albert Renger-Patzche de la Nlle Objectivité.

                                                  Albert Renger Patzch, Das Bäumchen, 1926


L'exposé se termine en évoquant la mission photographique de la DATAR débutée en 1984 qui avait pour but de recenser par de grands photographes la diversité des paysages français. 

Aujourd'hui, les paysages de Walter Niedermayer (Niedermayr), John Davies et de Thierry Girard... offrent des approches différentes.

Walter Niedermayer, The Aspen series, 1996




Avec les paysages numériques de Fontcuberta et ceux retouchés à la palette graphique de Gursky, il semble que l'ère numérique offre de nouveaux horizons aux paysages.




JC Diedrich




lundi 16 septembre 2013

Vues d'en haut, l'exposition du centre Pompidou de Metz


Nous avons eu la bonne idée de visiter l'étonnante et belle exposition Vues d'en haut....qui colle très bien au thème du programme de Terminale, le paysage...

L'exposition offre une variété d’œuvres sur des supports très différents : de la photographie documentaire (Nadar, photographies aériennes de la 1ère GM), aux peintures (Delaunay, Pollock, Egon Schiele, Sam Francis, Gerhard Richter à Marcel Storr à Philippe Coignée ) aux gravures de Grandville, aux maquettes, aux vidéos ou encore aux installations comme Le monde plat.

Ce monde plat (2009) de Claude Closky propose une composition libre de photographies aériennes posées sur une grande table circulaire. Au recto, de chaque image, une photographie de la terre vue du ciel, au verso, l'image correspondante mais à son antipode. La composition évolue avec les manipulations des visiteurs.


 Dans des boîtes de pétri, des petits hommes se déplacent et étonnent....



L'équipe des élèves de Terminale.





Pour cette exposition, Metz Métropole a également commandé à Yann Arthus Bertrand, ce film de la région aussi efficace que vertigineux.


L'année scolaire des "HIDeux" (Pat Koch) débute ainsi sous les meilleurs augures.


Jean-Christophe Diedrich

Bonus : une photographie de notre collègue donnant une explication sur la structure architecturale de Pompidou !


samedi 7 septembre 2013

Portrait de Renée par Beverly McIver




New-York est-elle encore une grande capitale de l'art ? A voir la quantité de galeries dans l'Upper West Side, on pourrait s'en convaincre....Une à côté de l'autre de la 23è à la 25è rue, on retrouve des façades en briques et à l'intérieur de vastes espaces vides aux murs blancs mais surtout un accueil distant d'un personnel branchouille, collé derrière un Mac....bref, ambiance moyenne !
Mais il faut reconnaître que la concentration de près de 150 galeries exposant beaucoup de jeunes artistes de tout horizon donne envie de faire son marché.....Encore faut-il avoir un peu les moyens. 


La Betty Cuningham Gallery expose ainsi une artiste noire déjà confirmée, tout au moins aux Etats-Unis. Bervely McIver est née en 1962 en Caroline du Nord. Elle n'est pas issue d'une famille aisée et a décidé depuis longtemps de se concentrer sur l'exercice difficile du portrait. Elle peint les membres de sa famille mais aussi des autoportraits.



 1- Présentation de l'oeuvre

Titre :  Can you hear  my Silent Scream ?


Support : huile sur toile


Dimension : 38,5 x 40,5 pouces


Auteur : Beverly Mciver
Beverly McIver est née en 1962 à Greensboro, en Caroline du Nord.
Elle étudie l’art à la North Carolina Central University, puis à la Pennsylvania State University où elle obtient une maîtrise, et un doctorat à la North Carolina Central University. Elle est actuellement professeur en Caroline du Nord. Son travail a souvent été récompensé. Son travail tourne autour du portrait, une peinture figurative aux couleurs vives. Elle utilise comme modèle ses proches qui l’inspirent beaucoup.Son autre grand sujet est son propre visage qui n’échappe pas à des représentations sans concession.  



2- Description
Une partie d'un visage d'une femme noire est représentée bouche ouverte. La posture est pour le moins peu académique. On remarque immédiatement qu'au milieu du visage les lunettes offrent un jeu de reflets qui double le regard et le reste du visage. Une sorte de répétition, de dédoublement apparaît au milieu du tableau. Une phrase à peine visible traverse également le visage : Can You Hear my silent Scream….qui est en fait le titre du tableau.
Composition

Un visage débordant du cadre renforce l'impression de gros plan, d'un effet zoom. Le fond est alors presqu’inexistant. Alors que les épaules sont à peine esquissées au bas du tableau.

Les couleurs / la lumière
Les couleurs dominantes sont le marron et les différents dégradés. Le blanc des dents, du chemisier, des yeux rehausse l'ensemble et rythme la composition. Le fond passe du vert à gauche à un bleu réchauffé par quelques touches jaunes et oranges
La lumière provient du devant, effet flash. Mais le jaune à l’arrière de la tête laisse deviner une autre source de lumière.
 
3- Analyse et interprétation
Il est toujours difficile de proposer des interprétations sur une œuvre de portrait. Cependant, les visages racontent souvent des histoires. L’artiste peint sa sœur Renée qui est handicapée mentale et qui depuis le décès de leur mère est sous sa tutelle légale.
Bervely multiplie alors les portraits de sa sœur comme un sujet récurent et obsessionnel mais aussi et sans doute comme une forme de militantisme pour faire accepter le handicap. Elle a par ailleurs réalisé un documentaire sélectionné aux Oscars.
Le titre du tableau interpelle le spectateur.  Renée a des choses à dire, qu’elle pourrait  crier mais le handicap empêche souvent la communication avec les autres. L’artiste à travers cette image donne la parole à sa sœur et laisse exprimer une certaine révolte : un Cri de Munch, version US…







4- Œuvres et artistes à relier au travail de McIver

Ce qui peut relier l’œuvre de MacIver à d'autres artistes comme la romancière Toni Morrisson ou la photographe La Toya Ruby Frazier, c'est la volonté de témoigner de la souffrance de la communauté noire américaine et des femmes en particulier.



        
           Bervely Mciver ne semble pas devoir s'arrêter à ces très bons portraits réalistes et expressifs, d'autres œuvres tendent à montrer que son talent a bien d'autres facettes, les visages grimés de ces derniers portraits, des scènes de la vie quotidienne, des œuvres plus marquées par la détresse sociale sont autant de pistes pour un travail qui tend à gagner en intensité et en profondeur.

 
                                                                                                               Jean-Christophe Diedrich

dimanche 1 septembre 2013

On the route, un site sur un 1/2 tour des EU

Pour découvrir d'une autre façon les États-Unis nous avons fait un grand tour cet été : 7400 km de bitume de la partie Est de ce grand pays : NY, Boston, Chicago, Memphis, Nouvelle-Orléans, Atlanta, Washington Philadelphie en sont les principales étapes.


Des centaines de photos, des textes et des croquis de Daniel Bourrion, Olivier Toussaint et JC Diedrich.


mercredi 22 mai 2013

Danse hip hop à l'Arsenal


Les élèves de 2nde et de 1ère HIDA ont pu assister à un très bon spectacle de danse ce soir à l'Arsenal. Un magnifique duo interprétait un spectacle riche tant techniquement qu'artistiquement.
Sébastien Ramirez s'est associé à la danseuse allemande d'origine coréenne Honji Wang pour nous raconter une histoire pimentée de trouvailles, de poésie et d'humour. Je suis véritablement tombé sous le charme de ces danseurs.


Ici quelques extraits du spectacle...même si la vidéo fait perdre pas mal de la magie du direct.



dimanche 21 avril 2013

Il était une fois, le musée Cobra


Notre voyage à Bruxelles/Amsterdam nous a conduit au très joli musée Cobra qui se trouve dans la banlieue d'Amsterdam, fait de briques (et sans broc), très moderne : c'est un espace accueillant, laissant la place et le temps aux visiteurs d'investir les lieux (ce qui n'est pas toujours le cas dans les musées).


Le lieu est composé au RDC de salles ouvertes sur un jardin et un plan d'eau et d'un étage où on retrouve l'essentiel de la collection du musée. C'est à l'étage qu'un vaste tableau est laissé à disposition des visiteurs afin qu'ils s'expriment spontanément. Myrtille n'a pas résisté à l'appel !



Le rez-de-chaussée accueillait les œuvres contemporaines d'un ancien peintre néerlandais influencé dans sa jeunesse par Cobra, Armando (de son vrai nom Herman Dirk van Dodeweerd)  (1929-). Sa première exposition date de 1954, il avait dessiné de la main gauche dans l'obscurité, tentant ainsi de trouver une spontanéité enfouie par l'éducation. En 1957, il est membre fondateur du groupe néerlandais Informel. En 1959, il rejoint l'International Situationnist mais il en est rapidement exclu. Il poursuit ainsi sa carrière en déménageant à Berlin au moment de la chute du mur.
Il continue à peindre avec les doigts des œuvres plutôt figuratives, tel que cet Oeil...







La collection permanente de Cobra, quant à elle, propose un large panel des peintures des membres les plus actifs de ce mouvement. Rappelons, au passage que le mot "Cobra" est composé des initiales des principales villes où est actif le mouvement : Copenhague, Bruxelles, Amsterdam.
Entre 1948 et 1951, une revue Cobra avec le sous-titre Organe du front international des artistes expérimentaux d'avant-garde publie régulièrement. Dans la livraison n°4, on y lit les aphorismes de Corneille : "L'esthétique est un tic de la civilisation"
"L'art n'a rien de commun avec la beauté".
On y retrouve des dessins d'enfants et d’œuvres de peintre du dimanche ou de "naïfs". Plus loin, Constant écrit "L'enfant ne connaît d'autre loi que sa vitalité spontanée ni d'autre besoin que celui de l'exprimer." Il en va de même pour les cultures dites primitives : "C'est cette caractéristique qui donne à ces cultures autant de charme pour l'homme d'aujourd'hui, obligé de vivre dans une sphère morbide de faux-semblants et de mensonge et de stérilité."

                                                 Ville d'été de Corneille, 1948


                                                 Figure with two cats, Karel Appel, 1952



                                             Vive la revolution pasioné, Asgern Jorn, juin 1968

                                                     Girl on a bicycle, Karel Appel, 1954




Voilà donc un musée à visiter alors qu'il ne figure pas parmi les "incontournables" d'Amsterdam...


Jean-Christophe Diedrich





dimanche 31 mars 2013

Epreuve histoire des arts au Bac (option facultative)

L'épreuve connaît quelques changements cette année. Il faut lire attentivement ce qui suit afin
de passer l'épreuve dans les meilleures conditions.  
Épreuve facultative, toutes séries générales et technologiques
Épreuve orale
Durée : 30 minutes
Préparation : 30 minutes
Première partie : 10 minutes maximum
Seconde partie : le temps restant 
Objectifs de l'épreuve
L'objectif de l'épreuve est de vérifier, avec des qualités d'expression écrite, des compétences
d'ordre culturel, critique, méthodologique et pratique qui permettent à l'élève :
- d'analyser les différents paramètres qui donnent sens à l'œuvre d'art (matérialité, relations
entre forme et techniques, parcours des créateurs, inscription dans un type de société,
présentation au public, etc.) afin d'exprimer à l'oral et à l'écrit un jugement critique et avisé sur
l'œuvre ;
- de rendre compte du fait patrimonial, dans la genèse et l'évolution de cette notion, comme
dans ses pratiques et le rôle qu'il joue dans la société d'aujourd'hui ;
- de comprendre un espace urbain ou rural par la reconnaissance des traces de son évolution ;
- d'identifier et décrire la présence du patrimoine et du fait artistique dans son environnement.
Ces compétences sont notamment :
- l'approche sensible et analytique d'un édifice, d'un tableau, d'un film, d'une œuvre musicale,
d'un spectacle dramatique, d'un ballet, etc. ;
- la prise en compte dans une œuvre d'art des données techniques et formelles qui la rattachent à 
un moment de l'histoire, à une intention esthétique et à une aire géographique et culturelle ;
- l'identification des distinctions et des parentés entre patrimoines de culture classique et
patrimoines vernaculaires et de tradition orale ;
- la reconnaissance et la description de la présence patrimoniale et artistique dans un espace donné ;
- la compréhension des résonances entre l'objet patrimonial et l'architecture ou la création
artistique d'aujourd'hui ;
- la familiarité avec les structures, espaces et acteurs de l'art, de la culture et du patrimoine ;
- la construction d'un raisonnement à partir des références acquises en cours et de son
expérience personnelle ;
- l'exploitation critique des diverses sources d'informations pour une production organisée et
avisée à partir de celles-ci, présentée sur des supports variés.
Nature de l'épreuve
L'épreuve prend appui sur un dossier préparé par le candidat à partir de son journal de bord et
visant à refléter son appropriation personnelle du programme.
Le dossier ne dépasse pas vingt pages numérotées, annexes comprises ; il débute par une
introduction et s'achève sur une table des matières. Il contient :
- la présentation et l'analyse de trois ou quatre œuvres, monuments, édifices ou sites patrimoniaux, 
au choix du candidat et de préférence tirés de son patrimoine de proximité,chaque œuvre, monument, 
 édifice ou site présent dans le dossier étant relié à une des questions du programme limitatif publié au Bulletin officiel du ministère de l'éducation nationale,de la jeunesse et de la vie associative ; les deux questions du programme doivent être présentes dans le dossier, sans qu'il soit obligatoire que ce soit à parts égales ;
- un commentaire du candidat, qui n'excédera pas deux pages, sur le bénéfice tiré de sa
participation aux enquêtes, rencontres ou visites faites en terminale.
Dans ce dossier, le candidat met en valeur sa réflexion personnelle et la documentation réunie
dans son journal de bord. Il illustre sa présentation de documents iconographiques, de citations
de textes, d'éléments recueillis lors de voyages, de visites, d'enquêtes, etc. Cette documentation est 
intégrée à la rédaction selon une forme et une mise en pages laissées à l'initiative du candidat. 
Celui-ci peut joindre au dossier des documents sonores ou séquences audiovisuelles sous la
forme d'un CD, d'un cédérom, d'un DVD ou d'une clé USB ; en ce cas, le contenu du support
joint est précisément listé dans le dossier. La présentation du dossier est soignée. Chaque
document ou citation est identifié et comporte la mention claire de sa source.
Le dossier est visé par le professeur coordonnateur de l'équipe enseignant l'histoire des arts. Il
est précédé d'une fiche pédagogique, dont un modèle est proposé en annexe 3bis de la
présente note de service. Elle décrit le travail de la classe terminale, commune à tous les
candidats d'une même classe, établie et visée par le professeur coordonnateur de l'équipe
chargée de l'enseignement. Cette fiche mentionne la nature et le contenu des séances de
travail de la classe, les rencontres, les visites, les recherches et les activités communes, les
partenariats noués avec les institutions, structures ou lieux culturels ou patrimoniaux. Au moins
huit jours avant l'épreuve, le dossier est mis à la disposition du jury qui l'évalue durant cette
période.
 Modalités de l'épreuve
L'épreuve est organisée en deux parties consécutives. Avant le début de la préparation, le
candidat tire au sort une des deux thématiques du programme.
Le candidat dispose de son dossier uniquement pendant le temps de préparation de l'épreuve.
Pendant l'épreuve, le jury dispose du dossier du candidat et peut y faire référence à tout
moment de l'entretien.
En revanche, ni le candidat, ni le jury ne disposent du journal de bord.
- Première partie
: le candidat présente et commente une œuvre reliée à cette partie du programme et choisie par le 
jury parmi celles présentes dans son dossier.
- Seconde partie
: un entretien avec le jury permet au candidat de préciser sa réflexion, de justifier du contenu et 
des sources de son dossier, de mettre en valeur les connaissances acquises sur le programme, la portée
de son engagement dans les activités suivies au cours de l'année et son intérêt pour les grands 
aspects de la vie artistique contemporaine et les enjeux liés au patrimoine.
Les candidats individuels et les candidats issus des établissements scolaires hors contrat
d'association avec l'État.  Ils présentent l'épreuve dans les mêmes conditions
que les candidats scolaires. Le dossier des candidats individuels n'a pas à être visé et ne con
tient pas de fiche pédagogique.
-
Critères d'évaluation et notation
Le candidat est noté sur vingt points répartis comme suit :
- le dossier est noté sur 5 points ;
- l'oral dans son ensemble est noté sur 15 points. 
Pour la répartition des points, les examinateurs veillent, en gardant à l'esprit l'ensemble des
objectifs de l'épreuve et des compétences de référence, à prendre en compte les critères. 
- conformité avec le programme du cycle terminal et les questions limitatives ;
- richesse, sensibilité et personnalité du propos ;
- liens à l'environnement patrimonial et culturel du candidat ou de l'établissement ;
- exploitation critique et identification des sources, intégration et référencement des documents. 
- qualités de mise en forme, correction du style et de l'orthographe. 
Pour l'épreuve orale :
- maîtrise du programme du cycle terminal et des questions limitatives ;
- maîtrise du vocabulaire approprié, sensibilité de l'approche ;
- compréhension des questions, structuration et à-propos de l'exposé et des réponses ;
- précision des connaissances, œuvres et références mobilisées ;
- distance par rapport au dossier et mise en perspective de son propre travail ;
- clarté et qualité de l'expression orale.
Composition du jury
L'évaluation est assurée conjointement par deux professeurs de l'éducation nationale titulaires
de la certification complémentaire en histoire de l 'art ; l'un des deux membres du jury est
obligatoirement spécialiste d'une discipline artistique. 

samedi 30 mars 2013

Malick Sidibé, portraits d'Afrique



J'ai découvert hier, ce photographe africain qui a pourtant déjà une belle notoriété internationale. Il vient d'ailleurs,  d'avoir l'honneur d'entrée dans la prestigieuse collection, Photo Poche d'Actes Sud.



J'ai immédiatement trouvé un lien entre son travail et celui de Mike Disfarmer : photographier des années durant dans un studio des anonymes en leur rendant une belle humanité, une gravité et une profondeur, expression noire et blanche...mais surtout noire, ici.... Afrique oblige !


Malick Sidibé né en 1936, est aujourd'hui une star à Bamako. Peu après l'indépendance (1960), il ouvre son studio-photo dans une période où le Mali s'ouvre aux influences extérieures : les EU, l'Europe, l'URSS. La mode apparaît sur les clichés et témoignent du mélange et sans doute du combat entre toutes ces influences extérieures confrontées à la société traditionnelle. Lunettes, radiocassettes, le solex, les pattes d'eph, costumes deux pièces, imprimés hallucinants et ce fond rayé ou à d'autres motifs capables à tout moment de nous donner une céphalée aiguë ! 


Il a dans ces portraits, une part d'Afrique, cette mise en scène où l'accessoire, le costume, la nouveauté sont fièrement exhibés. Bien sûr, l'art de Sidibé ne se résume par à cette simple série de plus de 50 ans de portraits maliens, il montre par  ses "mises en pose" comment en Afrique évolue la représentation de soi selon les époques, selon les milieux sociaux et selon les personnalités. Il y a dans la mise en scène, un petit vent de folie restreint par des attitudes figées propres à la pose du studio photo.


Solex, Tex Mex, ici....Il nous semble évident que l'influence du western Spaghetti est forte dans cette saynète.



 Association des Motifs, décollement "rétinien" assuré !


Sorcellerie carnavalesque !




L'occidental


























Pour conclure, je reviens à nouveau sur ma comparaison avec  Mike Disfarmer.  Comme ce dernier, Malick Sidibé a d'abord été un artisan/photographe, son art et son style s'est forgé avec le temps et la répétition...sa petite boutique et sans doute, son apparente spontanéité dans sa démarche artistique le rapproche du photographe misanthrope américain, Disfarmer.
La seule différence est que Disfarmer n'a pas connu le succès de son vivant puisque son œuvre a été redécouverte un peu par hasard. Sidibé depuis les années 2000 s'expose un peu partout..... les stars européennes se font même tirer le portrait chez lui : M (Mathieu Chedid), Philip Starck. 
 


Jean-Christophe Diedrich